mercredi 1 février 2012

Les problèmes qui minent l’opposition Camerounaise, un arsenal contre la démocratie au Cameroun

Il est important de noter que CamerNation a été créé en tant que mouvement d’opposition. Nous avons créé ce mouvement pour participer à l’effort palpable, que l’opposition camerounaise a faite et continue de faire pour réclamer le changement et construire la démocratie camerounaise.  
Certains des fléaux que nous allons citer ici font partie des raisons pour lesquelles nous avons créé CamerNation. Notons cependant que nous même ne sommes pas à l’abri des affres dont souffre cette opposition à ce jour.

Notre analyse a mise en relief deux catégories de cause à l’origine des manquements de l’opposition camerounaise.  La première catégorie de problèmes existe du fait de ses difficultés de fonctionnement et de problèmes structurel. La seconde catégorie est constituée de problèmes qui lui sont imposés ou provoqués a son égard.

Commençons par la première catégorie de problèmes, les problèmes lis au fonctionnement de la structure même des partis d’opposition :

1- Les partis politiques sont créés sur la base familiale ou ethnique

Le manque de vision et le cloisonnement social conduisent les fondateurs de partis politiques à créer des structures ethniques en lieu des partis politiques. Beaucoup de partis politiques ont vu le jour comme groupe de réunion traditionnel avant de prendre l’étendard de parti politique. 


Certains partis ne trouvent la popularité qu’auprès des membres d’une même région ou d’un même village, ces partis sont généralement inactifs et inexistants au-delà d’une certaine zone géographique et ne peuvent naturellement pas bénéficier d’une légitimité nationale.

2- L’organisation interne est personnalisée autour du leader

Beaucoup de partis politiques sont créés comme une affaire personnelle, une entreprise privée. Les leaders sont généralement les fondateurs et considèrent le parti comme leur possession. Cette centralisation des pouvoirs et responsabilités, crée un certain culte de la personnalité chez le leader. Avec le culte de la personne viens le zèle et le dogme, qui le conduit parfois à rejeter toute action ou idée qui permette tout changement dans l’ordre des choses.
De tels partis sont l’anti-thèse de ce qu’ils prônent : la Démocratie. Beaucoup de partis politiques du Cameroun ont comme leader, le fondateur ; la même personne qui dirigent le parti depuis sa création.  Depuis plusieurs décennies, peu ou aucun parti politique n’a changé de leader.

3- Manque crucial de moyens financiers

Peu de parti politiques au Cameroun ont une source de revenue fiable et constante. Les dynamiques de collecte de fond sont presque inexistantes. Les difficultés de fonctionnement sont souvent à l’ origine des problèmes financiers. Les luttes de pouvoir internes contribuent largement au découragement des membres, ce qui se ressent dans le tarissement des  contributions.

L’état ne participe pas au financement des partis ou à leurs activités, il distribut des frais de campagne,  conditionnés par les suffrages,  lors des élections. Ce qui est largement insuffisant et donne même naissance à un phénomène bizarre : certains partis naissent à la veille des élections dans le but de collecter des fonds de campagne.

4- Activités saisonnières et manque d’engagement des populations

Beaucoup de partis politiques on peu ou pas, d’activités en périodes non électorales. Beaucoup de partis disparaissent après les élections, certains ne vont refaire surface qu’à l’annonce de nouvelles échéances. Cette existence temporaire expliquerait en partie, la non-popularité de la majorité de partis. Elle a pour conséquence immédiate le manque d’engagement des populations.

Les populations ne sont pas régulièrement éduquées sur la politique, la vision et programme des partis politiques. Ceci crée un problème identitaire qui se manifeste par le fort taux d’abstention et le manque d’enthousiasme pendant les élections.

5- Objectifs ciblés sur le court terme

Le caractère saisonnier des partis politiques, leur imposent d’avoir des objectifs sur le court terme. Les objectifs se présentent souvent comme un manifeste édité pour convaincre l’électeur à voter pour l’échéance en cours.  Il y a globalement un manque de contenu sur le long terme. 


L’électeur a généralement l’impression que le parti n’est pas concerné par l’après élection, il n’entend souvent parler de tel ou tel parti politique qu’a la veille des élections ce qui crée de la suspicion et le manque de confiance.

6- Incapacité à former une coalition

Très souvent les partis politique ne sont pas motivés à créer des coalitions lors des élections. Le manque de coalition crée une grande fragmentation du vote des opposants. Ce manque de coalition autour des idéaux précis est à l’origine de l’absence de front politiques au Cameroun.

La création de fronts politiques aiderai à organiser le débat politique et rendrai plus effectif les mouvements de revendication et de contestation politiques.

7- Monnayage de gains électoraux

La période postélectorale au Cameroun ressemble une place boursière, une foire ou les gains sont librement échangés contre postes admiratifs et politiques. Le pouvoir en place a conditionné les partis d’oppositions à la pratique du bridage de suffrages électoraux contre nomination et gains financiers.

Les élections législatives sont les plus importantes commodités pour les partis d’opposition. Les leaders font des alliances avec le parti au pouvoir en échange de postes ministériels et avantages financiers. Il est connu de tous que, les maigres gains en sièges que les partis font au cours des élections, contribuent à faire du leader et de ses proches des gens riches et importants à la solde du pouvoir en place.

Ce monnayage contribue fortement à éroder la confiance du peuple envers les partis politiques, il contribue à renforcer le doute que l'electeur a, des capacités et du sérieux, du parti à travailler pour un changement effectif.

Comme indiqué plus haut, nous avons identifié des problèmes qui sont souvent  imposes aux partis politiques d’opposition au Cameroun. Ces difficultés sont des obstacles systématiquement  imposes par le pouvoir en place et son parti.



1- Le Cloisonnement actif des pouvoir publics de l'opposition

2- L'Effort constant de déstabilisation et de division de l'opposition

3- Le Monnayage de gains électoraux des partis d'opposition



Le Cameroun a besoin d’une opposition crédible, c’est un gage de démocratie véritable. Toutes les grandes démocraties ont une opposition constituée, il joue souvent le rôle de contre-pouvoir politique. L’opposition devrait représenter une façon de penser autrement, une représentation d’une partie du peuple. Dans une vraie démocratie, après les élections, l’opposition est le représentant de la minorité. La minorité mérite, le respect du pouvoir, la considération et la fidélité de ses représentants.

En résolvant ou tentant de résoudre les problèmes fondamentaux  qui minent son existence et son effectivité, l’opposition camerounaise va retrouver sa relevance et son importance dans le processus démocratique au Cameroun. Il ne peut y avoir de démocratie sans opposition.  Les leaders doivent se sentir la responsabilité de protéger l’opposition. Cela passe par un respect des lois démocratiques, l’aspiration au bien être des constituants avant les leurs et une vision véritable de l’avenir du pays.

Malheureusement cette dimension cruciale de l’opposition échappe aussi bien au pouvoir en place qu’aux responsables de l’opposition elle-même.

Le régime Biya est focalisé sur la pérennité du règne, Biya et ses amis n’ont de vision que la destruction de ceux qui pensent différemment. Pour garder le pouvoir, ils divisent, terrorisent, obstruent, cloisonnent et  monnayent l’opposition et les opposants. Les résultats de l’activité de sape est bel et bien visible sur le terrain. Les dirigeants d’opposition sont vus par le citoyen camerounais, comme des gens sans crédibilité, des agents du gouvernement, des chefs de tribus et clans prêt à tout pour être nommés ou gagner des marchés.

Le manque de préparation, le manque de sérieux, le tribalisme, le mépris des valeurs démocratiques au sein de leur propre parti, sont l’apanage de beaucoup de leader d’opposition. Certains partis ont le même leader depuis la création, un phénomène qu’on pourrait appeler ‘personne parti ‘ en référence aux partis états d’avant les années 90. 


Apres les élections les partis d’opposition qui ont eu le moindre succès sont souvent ‘achetés’ par le parti au pouvoir, comme nous avons développé plus haut. Ce commerce contre des alliances, est fait au grand dam des électeurs. Il constitu à lui seul le mal profond de notre démocratie prématurée.

Le manque de confiance profonde du peuple envers les partis d’opposition est la résultante immédiate des maux qui minent l’opposition camerounaise. Ce manque confiance en des structures politiques se traduit par le manque d’intérêt que le peuple porte aux évènements politiques. Le peuple se sent exclu du processus démocratique. Il n’y a pas de démocratie sans une participation active du peuple.

Nous à CamerNation avons des propositions pour participer à la construction d’une opposition véritable. Nous voulons redonner confiance au peuple, par un plan d’action précis et des activités concrètes.

3 commentaires:

  1. Votre initiative est louable... Sans critiques on ne peut pas avancer. J'ai beaucoup appris sur votre blog et j'y reviendrais souvent, toutefois je vous conseille de trouver un moyen de réduire les coquilles cela vous ajoutera du sérieux dans votre entreprise. Je ne sais pas comment vous travaillez, mais je sais qu’avec plusieurs personnes pour lire ces articles avant publication vous réduirez le nombre de coquilles considérablement et cela améliorera votre audience. Du courage

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  2. Ah wi même les problèmes d'antandre entre nous même au Cameroun

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